Reconquêtes - Tome 02

Reconquetes t02

 

Tome 02 – Le piège Hittite

 

Type: bande dessinée / fiction historique / fantastique

Auteurs: François Miville-Deschêne (dessin, couleur), Sylvain Runberg (scénario)

Editions:  Le Lombard

 

Après un premier tome de très haute facture où la horde des vivants – coalition Scythe formée en réaction aux tendances (par trop) expansionnistes de son voisin Hittite – semble marcher inexorablement vers une victoire certaine, la machine s'enraille sérieusement à l'orée de ce second volet! Avec la décapitation mystérieuse du devin Atlante Mestor, l'oracle sacrée qui prédisait la destruction interne de la horde paraît se réaliser insidieusement… Celui qui a vu l'hydre à trois têtes est bien mort!

 

S'ensuit une accumulation de querelles intestines où de nombreux sacrifices seront demandés à chacun afin de maintenir, du moins en surface, une cohésion de l'alliance. Nosia, la "sculpteuse d'ombres" Sarmate, est accusée – sans preuves formelles – par les Callipides du meurtre de Mestor et devra périr sur le bucher funéraire, avec l'approbation forcée de la reine Simissée. Cette dernière retrouvera plus tard son esclave favori atrocement écorché… Selon une coutume Cimmérienne! Enfin, la mystérieuse Thusia, scribe royale babylonienne, semble retrouver des antécédents guerriers incompatibles avec la profession d'écrivain, semant un peu plus les graines du trouble et de la méfiance parmi les coalisés.

Tandis que la colère gronde légitimement au sein des Sarmates, trop exposées selon elles par des décisions inopportunes de leur reine, les Hittites ne tardent pas à profiter des dissensions internes au sein de la ligue. En s'alliant aux redoutables dresseurs Nubiens d'une part, puis avec des Korganes revanchards rescapés de la première frappe Scythe d'autre part, ils élaborent un piège dans lequel la horde des vivants semble se jeter inévitablement…

 

A la plume, Sylvain Runberg nous gratifie d'un récit haletant, sans temps mort, où alternent batailles homériques et scènes intimistes, avec des plans de vue audacieux et un découpage de l'action savamment orchestré. Au pinceau, François Miville-Deschênes réussit l'exploit de faire aussi bien, voire mieux que lors de la première livraison. La qualité des dessins et des couleurs rehausse admirablement un récit épique de haute valeur, appelé à faire date dans les annales du 9ème art.

 

Note: 8.5/10                   

 

Guilhem Mansion